Comité interpartis « Non à l’initiative de mise en œuvre » | CP 6136 | CH-3001 Berne
+41 (0)31 320 35 35

Le cinéma de l’UDC n’est pas crédible – Non à l’autopromotion aux dépens de la Suisse

 

Avec l’interview du conseiller national Hans-Ulrich Vogt parue dimanche dans le journal „Schweiz am Sonntag“, l’UDC a commencé à faire son cinéma concernant l’initiative de mise en œuvre. Selon elle, les « segundos » ne seront plus considérés comme des étrangers et le terme « étranger » devra être redéfini. Pour le conseiller national Vogt, l’initiative de mise en œuvre doit être dotée d’une clause de rigueur et atténuée. Cependant, de telles promesses s’évaporent généralement après les votations. L’application de l’initiative sur le renvoi est d’ores et déjà très stricte et est prête à entrer en vigueur.

La demande d’une redéfinition du terme „étranger“ paraît, surtout de la part d’un professeur de droit de l’UDC, pour le moins comme absurde. En effet, un étranger peut difficilement se définir par un autre terme que celui de « non-Suisse ». Une nouvelle interprétation du terme naturaliserait implicitement un groupe entier de population. Qu’une telle proposition vienne de l’UDC, qui refuse toute naturalisation facilitée même pour les étrangers de troisième génération, renforce encore davantage l’incrédibilité du projet.

Il convient également d’ajouter que l’initiative de mise en œuvre, qui avait prétendument pour but de faire appliquer l’initiative sur le renvoi telle quelle, ne doit désormais plus être appliquée à la lettre. Un grand écart remarquable de la part de l’UDC.

L’initiative de mise en œuvre est dangereuse et va bien trop loin. En effet, une fois les votations passées, les promesses seront oubliées et la facture sera salée. Au final, c’est la Suisse qui devra payer : sur le plan économique, où les bilatérales sont mises en danger, sur le plan international avec l’atteinte à la CEDH ou encore dans le domaine de l’Etat de droit, avec la mise en danger de nos institutions.

La législation de mise en œuvre de l’initiative sur le renvoi élaborée par le parlement est une meilleure variante et est prête à entrer en vigueur. Celle-ci permet de renvoyer les étrangers criminels de manière conséquente, mais garantit tout de même un minimum de proportionnalité et le respect des institutions suisses.

6 janvier 2016